En Suisse comme en Europe, les systèmes photovoltaïques Plug & Play, également appelés installations solaires pour balcons ou appareils solaires enfichables, sont de plus en plus populaires. Alors que l'Allemagne a augmenté la puissance maximale côté CA à 800 watts à partir de mai 2024, apporté des modifications au processus de déclaration et rédigé une norme préliminaire qui sera publiée fin 2025, la Suisse est restée au niveau de 2014. À l'époque, l'Inspection fédérale des installations à courant fort (ESTI) a publié une communication autorisant le branchement d'un système photovoltaïque Plug & Play jusqu'à 600 watts sur une prise domestique dans un circuit de comptage, sous réserve du respect d'autres exigences, telles que la présence d'un dispositif de surveillance du courant de défaut dans l'onduleur et la nécessité d'une notification écrite au gestionnaire du réseau de distribution.
Dix ans plus tard, ce projet a cherché à déterminer si la limite de 600 watts était toujours applicable ou s'il serait judicieux et sûr de l'augmenter. Une base sous forme de modules de contenu a également été élaborée afin de publier dans les prochaines années une directive suisse (SNG) pour les systèmes photovoltaïques Plug & Play. Celle-ci spécifiera entre autres le domaine d'application, les conditions de mise sur le marché, les exigences de sécurité et les tests de ces systèmes.
Pour la première fois en Suisse, le projet a montré l'ampleur du potentiel techniquement et économiquement réalisable des systèmes photovoltaïques Plug & Play. Environ 1 TWh d'électricité par an peut être produit par des installations solaires installées sur les balcons. En complément du potentiel des systèmes solaires pour balcons, le potentiel des micro-systèmes solaires enfichables, divisés en deux catégories, a été estimé. Le total de l'énergie annuelle potentiellement supplémentaire pour ces deux catégories supplémentaires s'élève à environ 2 TWh/a (K1=0,080 TWh/a ; K2=1,89 TWh/a). Au total, cette étude estime le potentiel de rendement énergétique techniquement réalisable à 3,01 TWh/a.
L'estimation du potentiel ci-dessus permet de déduire que le consortium du projet, composé de la Haute école spécialisée bernoise, d'Electrosuisse, de Meteotest et de l'Association suisse des contrôles électriques, en collaboration avec le groupe consultatif, a réfléchi aux futures configurations du système. Il est recommandé d'autoriser dans la nouvelle directive suisse les catégories de systèmes monophasés et triphasés (SK1 : monophasé PDC=2000W/ PAC=800W) (SK2 : triphasé PDC=6000W/ PAC=2400W) pour le fonctionnement sur des circuits électriques terminaux. Les petites installations de stockage couplées en courant alternatif et en courant continu doivent également être prises en compte dans la directive, tout comme les exigences minimales relatives aux processus d'exploitation.
Après le projet, un groupe de travail dirigé par le comité technique 82 sera chargé d'élaborer les lignes directrices suisses. La question de savoir si et dans quelle mesure ce groupe de travail suivra les recommandations et les propositions issues du projet et quels seront les résultats de la consultation sur les lignes directrices dans les secteurs concernés reste ouverte, car le groupe de travail fonctionne indépendamment du projet. Il est clair que les recommandations pourraient entraîner des changements importants.
Mais pour l'instant, rien ne change : les dispositions de l'ESTI figurant dans le bulletin 7/2014 restent valables.