Le Butanol peut être produit à partir sources biogènes et se mélange durablement avec le carburant Diesel. Comme un carburant additionnel, il a le potentiel de réduire les émissions CO2 des véhicules existants. Des recherches sur les caractéristiques de combustion avec différents pourcentages de Butanol dans le carburant Diesel (BuXX) ont été exécutées sur les bancs d’essai moteur et sur le banc d’essai à rouleaux.
Avec une teneur plus élevée en Butanol, le pouvoir calorifique du carburant et le couple du moteur à pleine charge sont plus faibles. En opération à charge partielle, les influences suivantes sur la phase d’inflammation avec l’augmentation du taux de Butanol ont été trouvées : aptitude à l’auto-inflammation affaiblie (indice de cétane plus bas) et phase pré-mélangée de la combustion plus intense.
Bu30 est considéré comme le taux limite de l’addition de Butanol au carburant diesel. Au-delà de ce taux, le fonctionnement du moteur en charge partielle deviendra instable. L’ECU du moteur moderne (EuVI) est capable de compenser les influences de l’indice de cétane diminué ainsi que d’autres paramètres du carburant modifié.
Les émissions de CO, HC et NOX du moteur durant le cycle WLTC et en charge partielle sont plus élevées avec Bu30 qu’avec Bu00. Avec les systèmes modernes de traitement des gaz d’échap-pement (DOC/DPF/SCR/EGR) et avec le niveau d’émissions considérablement plus faible (à la sortie du pot d’échappement) ces différences (Bu30 - Bu00) sont moindres ou inexistantes. Une teneur plus élevée en Butanol réduit les émissions de PN. Néanmoins, avec l’utilisation du FAP (DPF) l’influence du carburant sur les PN est négligeable.
Les systèmes de traitement des gaz d’échappement sont influencés par la proportion plus élevée du Butanol de la manière suivante : DOC – température d’amorçage plus élevée et taux de conversion légèrement inférieur ; DPF – intervalle entre les régénérations allongé en raison d'une production de particules plus faible, aucun changement de la régénération ; SCR – aucune d’influence sur la fonctionnalité et sur l’efficacité de la réduction des NOX.
Lors du démarrage à froid d’un véhicule avec une technologie plus ancienne, la teneur plus élevée en Butanol augmente considérablement les pics d’émissions d’acétaldéhyde (MeCHO) et de formaldéhyde (HCHO). Avec les nouvelles technologies, cette tendance est également visible. Toutefois, elle se reflète à un niveau très bas et insignifiant des émissions absolues.
Pour l’application sur le marché des carburants mélangés Butanol-Diesel les recommandations simplifiées suivantes peuvent être formulées :
Le mélange Diesel, Butanol reste stable durablement. Le pouvoir calorifique en est réduit, la teneur en oxygène est plus élevée, l’indice de cétane est plus faible et aucune propriété agressive ou corrosive n’est constatée. Avec un pourcentage de Butanol plus modéré (<10%), aucune différence n'est remarquée dans le fonctionnement d’un véhicule. Une teneur plus élevée en Butanol entraîne une détérioration du démarrage à froid, des irrégularités de fonctionnement et une moins bonne dynamique à charge partielle. Les émissions, notamment avec les systèmes de traitement des gaz d'échappement, restent inchangées. Pour le fonctionnement à long terme avec des taux de Butanol plus élevés, les clarifications et les mesures concernant la longévité du système d'injection et de l'huile de lubrification sont nécessaires.
En tenant compte de certaines précautions et limites, le Butanol peut très bien contribuer à la mobilité sans carbone. Actuellement, cet alcool est encore trop cher pour être largement commercialisé avec succès.