Les systèmes de radiocommunication sont potentiellement dérangés par la proximité avec les installations éoliennes. Par précaution, les propriétaires et les exploitants de faisceaux hertziens répondent par des préavis négatifs et des oppositions aux projets éoliens les plus avancés. Dès lors, les conflits entre faisceaux et éoliennes apparaissent aujourd’hui sur de nombreux sites en développement.
La faisabilité même de certains projets est liée à la possibilité de cohabitation entre faisceaux et éoliennes. Cette cohabitation pourrait amener à une densification des futurs sites en permettant d’utiliser des zones avec d’excellentes ressources de vents, aujourd’hui exclues des projets pour limiter d’éventuels impacts sur les faisceaux. L’objectif de ce projet est de mesurer l’ordre de grandeur de l’interférence réelle pour affiner les hypothèses des outils de calcul de risque, qui ne sont pas calibrés pour l’instant, et donc laissent planer l’incertitude, ce qui génère les objections des exploitants.
La préoccupation principale concerne les calculs de risque d’impact des éoliennes sur les faisceaux d’ondes dirigées dans la zone dite de champ proche, car les résultats divergent totalement entre les parties prenantes et selon leur outil de calcul respectif. Suisse Eole et l’opérateur de télécommunications, Swisscom, ont appris et résolu les problèmes et contraintes inhérents au banc de mesure spécifique du parc éolien du Peuchapatte. Finalement, le résultat est que l’ordre de grandeur mesuré se rapproche davantage, dans et pour cette configuration de site, des calculs les plus favorables à l’énergie éolienne.
Avec l’ordre de grandeur connu, de nouvelles hypothèses de calcul seront désormais utilisées et devront être confirmées et affinées sur d’autres types de sites (variabilité des terrains et modèles d’éoliennes). Fort de cette expérience, l’auteur peut proposer les pistes pour de futures améliorations et solutions sur la coexistence de l’éolien avec les systèmes radiofréquences et certaines applications radars.