Selon les estimations de l'Eawag, les émissions de protoxyde d'azote (N2O) des STEP en Suisse s'élèvent à environ 300 000 tonnes CO2-eq/ an ce qui en fait l'un des principaux facteurs d'impact climatique des STEP. Ces émissions pourraient être réduites de 75 % si les concentrations de nitrites (NO2) étaient mieux surveillées et contrôlées, permettant ainsi de respecter la valeur indicative de 0,3 mg NO2-N/l fixée par l'ordonnance sur la protection des eaux (OEaux). Cependant, les méthodes utilisées jusqu'à présent pour surveiller les nitrites sont soit coûteuses et lentes, soit d'une applicabilité limitée. Le procédé électrochimique d'oxydation des nitrites, sur lequel repose le capteur de nitrites, a été développé et breveté en 2018 à l'Eawag.
VunaNexus dispose d'une licence mondiale exclusive pour ce brevet. Le capteur a été perfectionné pour être utilisé dans le traitement des eaux usées à forte concentration en azote (telles que l'urine, le lisier, les eaux usées de l'industrie alimentaire, etc.) jusqu’à une quatrième version du prototype. Dans le cadre du présent projet, le capteur doit être adapté et testé pour être utilisé dans des eaux usées à plus faible concentration en azote et dont la composition diffère de celle de l'urine ou du lisier. Le capteur se compose de trois électrodes (anode, cathode, référence) et est contrôlé par un potentiostat.
Pour répondre aux exigences d'une STEP, le matériel devra être adapté et à terme ne plus dépendre d'un ordinateur windows indépendant. L'objectif du projet est de mettre au point un capteur en ligne peu coûteux avec un niveau de maturité technologique TRL 6 (actuellement TRL 5), qui puisse être installé dans toutes les STEP en Suisse. Cela permettrait de surveiller en temps réel (échantillonnage à haute fréquence) la formation et la présence de nitrites à l'échelle nationale.
Le projet prévoit différentes étapes : une analyse des tendances des signaux de nitrites doit montrer comment les mesures qualitatives continues des nitrites peuvent être utilisées pour optimiser le fonctionnement des STEP. Des indicateurs tels que la limite de détection, la limite de quantification, l'exactitude et la précision seront collectés. Le comportement à long terme du capteur sera étudié et des schémas de maintenance possibles seront élaborés. La configuration d'étalonnage existante, qui dépend actuellement fortement de la matrice et de l’hydrodynamique à la surface du capteur, doit être optimisée et adaptée à la plage de mesure souhaitée de la station d'épuration (par exemple 0,07 mgN/L – 2 mgN/L, à définir). Afin de garantir la pertinence pratique pendant tout le projet, les études sont menées à la STEP Werdhölzli à Zurich et avec le soutien continu du VSA (Association suisse des professionnels de la protection des eaux).