Le secteur lainier suisse, en plein renouveau, demeure fortement dépendant de centres de lavage étrangers. Le présent projet vise à développer un procédé de lavage de la laine par fermentation bactérienne, en réponse aux défis environnementaux (forte consommation des produits chimiques et des solvants, effluents polluants) et économiques (infrastructure de lavage inexistante pour une qualité suffisante avec des exigences environnementales élevées). Les questions de recherche portent sur l’identification des micro-organismes et enzymes impliqués, la compréhension des mécanismes de dégradation des impuretés, la mise au point d’un protocole à grande échelle et l’évaluation de sa faisabilité technico-économique (TEA) et environnementale (LCA).
Sur le plan méthodologique, le projet comprend l’analyse des processus biochimiques en jeu, la sélection et la culture de souches microbiennes, ainsi que l’optimisation d’un lavage biologique à l’échelle du laboratoire. Les eaux de lavage feront l’objet d’une digestion anaérobie permettant la valorisation du carbone en biogaz. Enfin, une installation pilote permettra de tester la mise à l’échelle et d’en valider la rentabilité.
À terme, cette approche pourrait réduire la consommation d’eau et la production d’effluents polluants, favoriser la récupération de sous-produits (lanoline, biogaz) et renforcer la filière laine suisse en offrant une alternative écologique et compétitive au lavage conventionnel, tout en répondant aux attentes sociétales en matière de durabilité.