La contamination du sol, de l'eau et des lixiviats de décharges par les PFAS est un problème majeur en raison de leur présence ubiquitaire, de leur utilisation répandue, de leur diversité chimique et de leurpersistance. Les solutions physiques et chimiques sont coûteuses, souvent applicables uniquement ex situ et pour de petites quantités, tandis que les solutions biologiques en sont encore à leurs balbutiements. Le présent projet prévoit une étude de faisabilité et la préparation d’un pilote sur site pour tester l’application des solutions bactériennes développées par CellX Biosolutions pour la dépollution d’un site contaminé par les PFAS provenant de mousses incendies, géré par la Compagnie Industrielle de Monthey SA (CIMO).
CellX est un spin-off de l’EPFZ qui crée des solutions bactériologiques pour un traitement efficace et ciblé de la pollution chimique industrielle. Grâce à une technologie microfluidique et robotique qui a été développée à l'EPFZ, des bactéries spécialisées dans la dégradation de certains produits chimiques peuvent être attirées et capturées (dégradeurs bactériens). Ce dispositif microfluidique agit comme un tamis sélectif pour les bactéries. Plusieurs de ces dispositifs sont fixés dans un réceptacle étanche. Insérés dans une enceinte de déploiement robotique personnalisée ils sont déployés dans des environnements aqueux pollués (lacs, rivières, profondeurs de l’océan, stations d’épuration, égouts) c’est-à-dire dans des zones d’échantillonnage où les bactéries ont été naturellement exposées au polluant-cible pendant plusieurs années. Ensuite ces bactéries sont cultivées au laboratoire dans des volumes plus importants, tout en les exposant de manière répétée au polluant-cible qui sert de principale source de nutriments. La technologie a déjà été testée sur le terrain dans divers environnements en Europe et aux États-Unis. De cette manière 40 souches individuelles capables de se développer sur des molécules de PFAS, et ainsi de les dégrader, ont été isolées.
Le projet est divisé en trois phases principales : 1) L’identification de bactéries capables de dégrader des PFAS polluant le site de CIMO, en utilisant à la fois des bactéries déjà isolées et les bactéries nouvellement échantillonnées trouvées sur le site de CIMO. 2) La quantification des capacités de biodégradation de ces bactéries et la sélection de la combinaison des dégradeurs bactériens les plus performantes, qui ensemble couvrent un large spectre de types de PFAS. 3) Test en laboratoire des bactéries sélectionnées sur les échantillons contaminés fournis par CIMO et l’élaboration d’un plan pour un test sur site à la suite du projet. Pendant le projet, la technologie devrait passer d’un Technology Readiness Level (TRL) de 3 - 4 à 5 – 6 à la fin du projet.
Le business-modèle prévoit dans un premier temps de co-développer et de commercialiser directement la solution développée auprès des premiers clients, tout en externalisant la production de bactéries à grande échelle. Dans un second temps, il est envisagé de concéder en licence les bactéries de CellX à de grandes entreprises de traitement et d'assainissement des eaux usées afin d'atteindre des clients dans le monde entier.