Afin d’accélérer l’adoption sur le marché des batteries tout solide, le développement de matériaux d’électrodes à haute capacité, économiquement viables et compatibles avec les électrolytes solides est crucial. Le projet DECIDER a étudié la faisabilité du procédé de fabrication des électrodes de batterie par voie séche (dry battery electrode, DBE) en tant qu’approche de fabrication pour des électrodes à haute capacité (> 4 mAh cm-2) dans des batteries au lithium métal, ciblant à la fois des systèmes à électrolyte liquide et tout solide. La technologie DBE a été retenue pour son potentiel à réduire l’impact environnemental et les coûts de fabrication, tout en permettant d’atteindre des capacités surfaciques élevées.
Dans le cadre du projet, des cathodes produites par voie sèche ont été fabriquées avec succès en utilisant, soit un liant PTFE pur, soit un système de liant hybride combinant le PTFE (Polytetrafluorethylen) à un polymère biodégradable. En parallèle, des anodes fines en lithium métal (25 µm) ont été produites en interne à l’aide d’une technique d’évaporation thermale. Ces composants ont ensuite été intégrés dans des cellules type pile-bouton ainsi que dans des cellules type cellule poche, qui ont été assemblées et évaluées électrochimiquement avec succès.
Les essais électrochimiques ont mis en évidence certaines limitations en termes de stabilité au cours du cyclage. Celles-ci ont été principalement attribuées à la faible compatibilité des cathodes à base de PTFE avec les électrolytes liquides à base de solvants carbonates, entraînant une mouillabilité insuffisante des électrodes, ainsi qu’à la forte réactivité chimique du lithium métal avec cette famille d’électrolytes. L’utilisation d’un électrolyte à base d’éthers a permis d’améliorer leurmouillabilité à la surface des cathodes. Toutefois, sa stabilité oxydative limitée a restreint la cyclabilité à long terme, en particulier à des voltages supérieurs à 4.2V. Par ailleurs, les cathodes fabriquées par voie sèche ont été testées face à des anodes en lithium métal en utilisant des électrolytes polymères gélifiés (GPEs) développés et préparés en interne, pour lesquels des performances de cyclage acceptables et encourageantes ont été obtenues à faible régime de courant (0.1C), dépassant 100 cycles.
Généralement, les résultats ont démontré la faisabilité technique du procédé DBE pour des électrodes à haute capacité dans des configurations de batteries au lithium métal, tout en mettant en évidence des points critiques principalement liés aux interfaces et aux électrolytes. Une optimisation supplémentaire des formulations d’électrolytes et des stratégies de dépôt des revêtements afin d’optimiser l’interface avec le lithium métal est nécessaire. Les activités à la suite du projet DECIDER se poursuivent afin de lever ces verrous, avec l’objectif d’améliorer davantage la cyclabilité, et la stabilité des cathodes à haute capacité préparées par voie sèche, associées à des anodes fines en lithium métal, en utilisant des électrolytes liquides et polymères gélifiés.