Dans le cadre du projet, au cours de la première année de la durée du projet, nous avons examiné la répartition des dépenses énergétiques des ménages liées au logement. L'analyse a été réalisée à l'aide de données provenant des enquêtes budgétaires des ménages suisses et européennes, ainsi que des informations sur les prix de l'énergie et des estimations des élasticités des prix de l'énergie. L'objectif de l'étude est de quantifier les effets des récentes augmentations des prix de l'énergie sur la répartition des dépenses énergétiques parmi les ménages de différents groupes de revenus à l'aide des coefficients de Gini de l'énergie et des courbes de Lorenz. Ces calculs sont effectués pour différents pays européens, permettant ainsi une comparaison de la situation entre les pays. Ces calculs sont également réalisés en utilisant différents indices tels que l'indice d'Atkinson et l'indice de Theil pour vérifier si les résultats restent robustes. Cette approche peut généralement être appliquée pour illustrer comment les politiques environnementales en général, qui tarifient le carbone et entraînent ainsi une augmentation des prix de l'énergie, influent sur la répartition des dépenses énergétiques entre les ménages. De plus, nous illustrons l'évolution temporelle de la part des dépenses énergétiques dans le revenu équivalent disponible pour chaque quintile de revenu dans les pays étudiés. En général, cette recherche contribue à fournir une image plus précise de l'inégalité des dépenses énergétiques des ménages dans différents pays européens en utilisant les indices d'inégalité des revenus reconnus dans la littérature. Les premiers résultats ont été présentés lors de la Réunion annuelle de l'Association allemande d'économie en septembre 2023. Les résultats montrent que l'inégalité des dépenses énergétiques en Europe, mesurée par l'indice de Gini, varie de 0,44 (France) à 0,251 (Slovaquie). En 2017, l'indice de Gini pour les dépenses énergétiques totales liées au logement et à la mobilité en Suisse était de 0,37. Lorsque l'on compare la valeur suisse aux coefficients de Gini de l'ensemble des 19 pays européens considérés, seuls 4 pays ont des valeurs plus élevées. Ainsi, la Suisse, en termes de coefficient de Gini lié aux dépenses énergétiques totales, fait partie des 25 % de pays présentant la répartition la plus inégale des dépenses énergétiques entre les ménages. Une différenciation des coefficients de Gini pour différentes composantes des dépenses énergétiques donne également une valeur de 0,37 pour les dépenses d'électricité en Suisse en 2017, tandis que la répartition des dépenses liées à la mobilité est généralement légèrement plus inégale dans les pays, principalement parce que certains ménages ne possèdent pas de voiture. Dans le cadre des hypothèses formulées, les récentes augmentations des prix de l'énergie n'ont entraîné qu'une légère augmentation de l'inégalité des dépenses énergétiques résidentielles en Suisse (passant de 0,43 en 2017 à 0,45 en 2023). Néanmoins, dans l'ensemble des pays examinés, on peut estimer une augmentation significative de la part des dépenses énergétiques par rapport au revenu disponible, quel que soit le quintile de revenus. En Suisse, nous estimons une augmentation à 9,5 % pour le quintile de revenus le plus bas (contre 8,6 % en 2017) et à 3,1 % pour le quintile de revenus le plus élevé (contre 2,6 % en 2017).