Les batteries lithium-ion (LIB) jouent un rôle crucial dans la transition énergétique. Les batteries en fin de vie (EoL) seront broyées et triées avant d’être traitées par des procédés pyrométallurgiques et/ou hydrométallurgiques. Ces procédés de recyclage détruisent les morphologies des matériaux et sont intensifs en énergie et en produits chimiques. Kyburz Switzerland AG, avec le soutien de l’Of f ice f édéral de l’énergie, a mis en place un procédé de recyclage innovant, qui permet de désassembler efficacement les batteries lithium-ion en f ractions de matériaux d'une grande pureté, tout en conservant intactes les structures cristallographiques des matériaux actifs. Ce procédé permet de récupérer 93 % de la masse d'entrée sous forme de matériaux recyclables. L'efficacité du processus a été évaluée conformément aux lignes directrices du règlement européen sur les batteries (UE) 2023/1542. Les matériaux secondaires en plastique, qui représentent 27.5 % du poids de la cellule, ne sont pas considérés comme des fractions réutilisables dans le cadre de la réglementation, car ils sont incinérés. L'efficacité globale du recyclage est donc de 67.5 %, ce qui est au-delà des 65 % requis pour la fin de l'année 2025. Cependant, la tendance actuelle à remplacer les enveloppes en plastique par des enveloppes en métal améliorera considérablement l'efficacité du recyclage dans un avenir proche. Le taux de récupération du cuivre et du lithium, qui sont des matériaux cibles spécifiques dans le règlement de l'UE sur les batteries, a été calculé. Aucun cuivre n'est perdu au cours du processus. Le taux de récupération du cuivre est donc de 100 %, ce qui est supérieur aux 90 % requis pour fin 2027. 67.7 % de la teneur initiale en lithium peuvent être récupérés sous forme de matière active FePO4/LiFePO4, soit 17.7 % de plus que les 50 % exigés jusqu'à la fin de 2027. En plus, l'eau de traitement a été identif iée comme une source supplémentaire de lithium secondaire. La caractérisation des matériaux a montré que la qualité des matériaux récupérés n'est pas af fectée par la mise à l'échelle du procédé f inal. Les deux matériaux actifs récupérés, c'est-à-dire le FePO4/LiFePO4 de l'électrode positive et le graphite de l'électrode négative, présentaient des structures cristallographiques intactes. Le rapport FePO4/LiFePO4 est 27:73 même après le traitement de 90 kg d'électrodes positives. Il a été constaté que le fabricant des cellules a remplacé graphite par carbon black (noir de carbone) comme agent conducteur entre dif férentes générations de cellules. La teneur en graphite est ainsi passée d'environ 7 % à environ 0.7 %. Cela met en évidence les variations potentielles des fractions de sortie du processus. Le graphite d'électrodes negatives a pu être récupéré semisec avec un taux de siccité de 70 % après une separation efficace de l'eau de procédé. Grâce à son extraction, des impuretés potentielles dans l’eau de procédé ont pu être évitées. Le matériau FePO4/LiFePO4 récupéré a atteint environ 90 mAh/g de capacité, ce qui correspond à 70 % du LiFePO4 neuf de référence. Le graphite récupéré a atteint environ 300 mAh/g, ce qui correspond à environ 85 % du graphite de référence. Une analyse du cycle de vie (ACV) a été menée pour évaluer l'impact écologique du processus de recyclage direct KYBURZ pour les cellules de batteries LiFePO4 - graphite. Les résultats montrent une empreinte carbone nettement inférieure à celle des technologies de recyclage hydrométallurgique et pyrométallurgique, avec 0.76 kg d'équivalent CO2 par kg d'élément de batterie recyclé. Les autres technologies de recyclage ont un impact de 1.4 à 2.2 kg d'équivalent CO2 pour un traitement hydrométallurgique et de 1.8 à 2.4 kg d'équivalent CO2 pour un traitement pyrométallurgique. L'étape finale du processus de recyclage a été identif iée comme le principal facteur contribuant à ces impacts, principalement en raison de l'incinération des composants en plastique du séparateur et du boîtier de la cellule. Le passage de boîtiers en plastique à des boîtiers en métal pourrait donc réduire davantage la charge environnementale du processus de recyclage de KYBURZ. En conclusion, un processus de recyclage direct a été élaboré qui permet de récupérer 93 % de la masse d'entrée. Les directives du règlement de l'UE sur les batteries sont respectées, puisque l'efficacité du recyclage est à 67.5 % et que le taux de récupération du cuivre et du lithium est de 100 % et de 67.7 %. Les f ractions de sortie des matériaux actifs récupérés sont toujours en bon état cristallographique, aucune phase latérale n'ayant été observée. Toutefois, le FePO4/LiFePO4 récupéré présente un déf icit en lithium et le graphite récupéré indique qu'une partie du lithium pourrait encore être intercalée dans le matériau. En outre, l'ACV a montré que le processus de recyclage direct des batteries de KYBURZ est chargé d'une empreinte carbone inférieure à celle des processus de recyclage conventionnels.