Le projet RACONT2050 évalue les performances et la fiabilité des technologies photovoltaïques (PV) au silicium cristallin couramment disponibles sur le marché dans des conditions d'exploitation réelles. Les innovations rapides dans le domaine des modules photovoltaïques, telles que les nouvelles architectures de cellules (PERC, TOPCon, HJT) et l'utilisation de nouveaux matériaux, ont permis d'augmenter les rendements, mais ont également introduit de nouveaux risques, encore mal compris à ce jour, en matière de fiabilité à long terme. S'appuyant sur l'héritage de l'installation historique TISO-10, le projet met en place une plateforme expérimentale représentative en Suisse afin de comparer systématiquement ces technologies et de générer des données à long terme jusqu'en 2050.
Pour relever ces défis, une installation photovoltaïque de 132 kWc a été installée sur deux toits du campus USI/SUPSI à Viganello. Sept technologies de modules modernes provenant de cinq fabricants sont utilisées dans dix chaînes haute tension (jusqu'à 1 500 V) surveillées indépendamment. Un système de référence basse tension complémentaire a été mis en place à Trevano, à côté de l'installation TISO d'origine datant de 1982, ce qui permet d'effectuer des comparaisons tant technologiques qu'historiques. Le projet combine des tests de laboratoire détaillés avec une surveillance continue sur le terrain et développe des outils de diagnostic avancés, notamment un système innovant de mesure Dark-I–V capable de détecter les défauts et les mécanismes de dégradation au niveau des chaînes. Cette approche intégrée permet de démontrer les technologies photovoltaïques modernes, d'évaluer la fiabilité précoce, d'analyser les effets du système (par exemple, la tension et l'ombrage) et de mettre en place une plateforme de surveillance à long terme.
Les résultats montrent que la plupart des technologies fonctionnent de manière fiable au cours de la phase initiale d'exploitation, les taux de dégradation se situant généralement dans les limites de la garantie du fabricant. Des différences marquées ont toutefois été constatées entre les technologies. Les modules TOPCon ont affiché les meilleures performances globales et ont généré des rendements énergétiques supérieurs à ceux des technologies PERC et HJT. À l'inverse, les modules HJT ont présenté une dégradation précoce nettement plus importante ainsi que des problèmes liés aux matériaux, ce qui souligne l'importance de tests indépendants avant une mise en œuvre à grande échelle. D'autres résultats font état d'une surestimation systématique de la puissance des modules par les fabricants, de défaillances mécaniques isolées telles que des bris de verre, ainsi que de défis opérationnels liés aux composants de 1 500 V. Dans l'ensemble, le système a démontré une grande efficacité avec des ratios de performance élevés pour toutes les technologies.