Short description
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Un nombre croissant de viticulteurs implante différentes couvertures végétales et limite le travail du sol tout en renonçant aux herbicides. Toutefois les contraintes sont multiples : rendement et qualité du raisin, parcelles difficilement mécanisables, régulation de la végétation, stress hydrique et azoté, conservation des sols, promotion de la biodiversité, changements climatiques
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Abstract
(French)
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Un nombre croissant de viticulteurs implante différentes couvertures végétales et limite le travail du sol tout en renonçant aux herbicides. Toutefois les contraintes sont multiples : rendement et qualité du raisin, parcelles difficilement mécanisables, régulation de la végétation, stress hydrique et azoté, conservation des sols, promotion de la biodiversité, changements climatiques.
Le projet CV-VigneSol (2021–2024) a réuni les principaux acteurs de la recherche viticole en Suisse (Agroscope, CHANGINS, HEPIA, FiBL) afin d’étudier les alternatives à l’usage d’herbicides dans l’entretien des sols viticoles à travers l’usage de différents couverts végétaux : enherbement spontané, couverts semés peu concurrentiels sous le rang, engrais verts et mélanges à haute biodiversité.
La première phase du projet, conduite en 2021 sur un réseau de 30 parcelles, a permis un diagnostic inédit et très détaillé des pratiques sans herbicide et de leurs effets sur le sol, la biodiversité, la vigne et le raisin.
La deuxième phase a mobilisé un réseau de vignerons dans un dispositif ON-FARM, afin de développer des solutions adaptées aux différentes configurations et notamment aux parcelles peu ou non mécanisables. L’intérêt de mélanges peu concurrentiels, à base de brome des toits (Bromus tectorum), a été mis en évidence. Cette phase a également souligné que la réussite des itinéraires techniques (semis, implantation, pérennité) reste un défi majeur, conditionnant l’obtention des services écosystémiques attendus. Une expérimentation inédite sur la réduction du risque de gel printanier par les couverts végétaux a également été conduite et les résultats ont montré que cette technique n’est pas réalisable et risquée. Par ailleurs, cette phase a servi de plateforme de transfert de connaissances, avec de nombreuses visites d’essais à destination des vignerons et conseillers en cours de projet.
Enfin, un troisième volet ON-STATION, a comparé quatre itinéraires de gestion du couvert végétal sur une jeune vigne (3e feuille), dans un dispositif hautement instrumenté. L’année 2022, marquée par une forte sécheresse, a accentué les effets du stress hydrique, notamment lors de l’implantation des couverts végétaux. Toutefois, les trois années de suivi indiquent que, pour de nombreux paramètres, les variations entre millésimes ont un impact plus important que les différences entre les itinéraires. Ce rapport met en évidence de nombreux liens entre couvert végétal, sol et vigne, tout en soulignant la nécessité de recherches complémentaires pour mieux comprendre les impacts à moyen et long terme ainsi que certaines interactions complexes.
Dans son ensemble, ce projet a permis non seulement de générer de nombreuses nouvelles connaissances sur les couverts végétaux et leurs interactions avec la vigne et le sol, mais aussi de les diffuser largement auprès des viticulteurs, grâce à leur implication directe dans le projet, ainsi qu’à travers la tenue de workshops, de présentations et la publication d’articles vulgarisés dans des revues techniques. Les résultats ont également été partagés lors de réunions spécialisées internationales, renforçant ainsi la visibilité de l’expertise suisse à l’échelle internationale. Enfin, le projet a contribué à la formation de la relève dans le domaine de la viticulture en impliquant de nombreux étudiants Bachelor et Master de Changins, et a consolidé les liens entre les principaux acteurs de la recherche viticole en Suisse.
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