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Forschungsstelle
PVK
Projektnummer
73
Projekttitel
Administrativhaft im Asylbereich

Texte zu diesem Projekt

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Kurzbeschreibung
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Abstract
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Erfasste Texte


KategorieText
Kurzbeschreibung
(Deutsch)
  • Gegenstand und Vorgehen

    Abgewiesene Asylsuchende müssen die Schweiz verlassen. Bestehen Anzeichen, dass sich die Personen dem Vollzug der Wegweisung entziehen wollen, können die Behörden eine Administrativhaft anordnen. Umgangssprachlich wird oft von Aus­schaffungshaft gesprochen, doch sieht das Gesetz drei weitere Formen der Administ­rativhaft vor: Vorbereitungs-, Durchsetzungs- und Dublin-Haft. Für die Anordnung einer Administrativhaft sind die Kantone zuständig; der Bund leistet einen Kosten­beitrag.

    2014 hat der Bundesrat die Tagespauschale für die Haft erhöht. Zudem will der Bund künftig den Bau von kantonalen Haftanstalten mitfinanzieren. Die Kosten des Bundes für die Administrativhaft dürften somit steigen. Dabei ist frag­lich, wie die Kan­tone im Asylbereich von der Administrativhaft Gebrauch machen. Eine Evalua­tion der PVK über die Zwangsmassnahmen im Ausländerrecht im Jahr 2005 zeigte, dass die Häufigkeit der verschiedenen Haftar­ten von Kanton zu Kanton variiert und die Wahrscheinlichkeit einer Rückfüh­rung der Personen mit zunehmen­der Haftdauer sinkt. Die Rückführungsquote lag im Asylbereich deutlich tiefer als im Auslän­derbereich.

    Bei einer Nachkontrolle im Jahr 2011 bestätigten neu verfügbare Daten die kantona­len Unterschiede und zeigten, dass von den Personen in Durchsetzungshaft nur eine Min­derheit weggewiesen werden konnte. Im Zuge des Schengen/Dublin-Beitritts musste die Schweiz ihre rechtlichen Vorgaben zur Administrativhaft ans EU-Recht angleichen.

    Angesichts dieser Ausgangslage haben die GPK an ihrer Sitzung vom 28. Januar 2016 entschieden, dass die PVK eine Evaluation zur Administrativhaft im Asylbe­reich durchführen soll.

    Die zuständige Subkommission EJPD/BK der GPK-N hat an ihrer Sitzung vom 23. Juni 2016 beschlossen, dass die PVK im Hauptfokus die Wirksamkeit und Zweck­mässigkeit der Administrativhaft sowie die Rolle des Bundes untersuchen soll. Fragen der Rechtmässigkeit sollten, soweit mit dem geplanten Vorgehen mög­lich, ebenfalls berücksichtigt werden. Die zuständige Subkommission beschloss zudem, die PVK solle einen europäischen Vergleich durchführen. Ausserdem wünschte sie, dass der Situation von minderjährigen Asylsuchenden in Administra­tivhaft besondere Beachtung geschenkt wird.

    Die Administrativhaft soll sicherstellen, dass abgewiesene Asylsuchende die Schweiz tatsächlich verlassen, d. h. dass sie kontrolliert ausreisen. Die Anwendung und die Zielerreichung der Administrativhaft wird jedoch von weiteren Massnahmen des Wegweisungsvollzugs sowie von strukturellen Voraussetzungen beeinflusst. Einige dieser Faktoren konnten im Rahmen der Evaluation berücksichtigt werden, andere höchstens am Rande .

     Im Zentrum der Untersuchung stand eine statistische Analyse, für welche die PVK ein Mandat an BASS, Büro für arbeits- und sozialpolitische Studien, erteilt hat. BASS hat insbesondere anhand von Daten aus dem Zentralen Migrationsinformati­onssystem (ZEMIS) eine Verlaufsanalyse durchgeführt. Sie zeigt auf, was mit den abgewiesenen Asylsuchenden in den eineinhalb Jahren nach dem negativen Ent­scheid geschieht.

    Die übrigen Datenerhebungen und -auswertungen hat die PVK selbst durchgeführt. Die Analyse der Rechtslage umfasste die einschlägigen Gesetze, Verordnungen, Weisungen und internationalen Bestimmungen. Die systematische Analyse von rund 70 Verwaltungsdokumenten diente hauptsächlich der Bewertung der Rolle des Bundes. Mit insgesamt gut 50 Personen hat die PVK Interviews durchgeführt. Im Zentrum standen dabei Gruppeninterviews mit den Migrationsbehörden in acht Kantonen. Für den europäischen Vergleich griff die PVK auf Daten zum Wegwei­sungsvollzug zurück, welche die EU-Länder und die Schengen-assoziierten Staaten an die EU liefern müssen, wobei für die Schweiz nur teilweise entsprechende Daten vorhanden waren. Ergänzend nahm die PVK eine systematische Synthese von bereits bestehenden Evaluationen vor.

    Hauptergebnisse

    Die PVK hat die Evaluation abgeschlossen und deren Ergebnisse am 13. November 2017 der zuständigen Subkommission der GPK-N vorgestellt. Die Subkommission diskutiert derzeit, welche Folgerungen und Empfehlungen daraus abgeleitet werden sollen.    


Kurzbeschreibung
(Französisch)

Objet et procédure

Les requérants d’asile déboutés doivent quitter la Suisse. Lorsqu’il y a lieu de craindre que ces personnes essaient de se soustraire à l’exécution de leur renvoi, les autorités peuvent ordonner une détention administrative. On parle alors communément de détention en vue du renvoi, même si la loi prévoit encore trois autres formes de détention administrative : la détention en phase préparatoire, la détention pour insoumission et la détention dans le cadre de la procédure Dublin. La décision de détention administrative relève de la compétence des cantons ; la Confédération contribue aux coûts de cette mesure.

En 2014, le Conseil fédéral a augmenté le forfait journalier pour la détention. A l’avenir, la Confédération participera en outre au financement de la construction de centres de détention cantonaux. Il faut donc s’attendre à une augmentation des dépenses de la Confédération au titre de la détention administrative. La question de la manière dont les cantons recourent à la détention administrative des requérants d’asile se posent dans ce contexte. Une évaluation du CPA relative aux mesures de contrainte dans le domaine du droit des étrangers datant de 2005 avait révélé que la fréquence des différents types de détention variait d’un canton à l’autre et que la probabilité du renvoi ou de l’expulsion diminuait avec la prolongation de la durée de détention. Le taux de renvoi dans le domaine de l’asile était nettement plus bas que dans le domaine des étrangers.

Dans le cadre d’un contrôle de suivi effectué en 2011, de nouvelles données sont venues confirmer les différences entre les cantons et ont révélé que seule une petite partie des personnes mises en détention pour insoumission avait pu être renvoyée. Dans le sillage de l’adhésion aux accords de Schengen et de Dublin, la Suisse a dû aligner sa législation sur les normes européennes en matière de détention administrative.

Dans ce contexte, les CdG ont décidé, à leur séance du 28 janvier 2016, de charger le CPA d’évaluer la détention administrative des requérants d’asile.

Réunie le 23 juin 2016, la sous-commission DFJP/ChF de la CdG-N a décidé que le CPA mettrait l’accent sur l’efficacité et l’opportunité de la détention administrative ainsi que sur le rôle de la Confédération. La question de la légalité, si tant est que ce soit compatible avec la procédure prévue, devrait également être étudiée. La sous-commission a encore décidé d’ajouter une comparaison européenne au mandat du CPA et de lui demander d’accorder une attention particulière à la situation des requérants d’asile mineurs placés en détention administrative.

La détention administrative sert à garantir que les requérants d’asile déboutés quittent bien la Suisse, ou, pour être plus précis, qu’ils quittent la Suisse de manière contrôlée. Son application et son potentiel de contribution à la réalisation des objectifs dépendent cependant aussi d’autres mesures prises dans le cadre de l’exécution du renvoi ainsi que de conditions structurelles. Certains de ces facteurs ont pu être pris en compte dans l’évaluation, tandis que d’autres n’ont pu l’être que de manière très marginale.  

L’enquête a surtout consisté en une analyse statistique, dont le CPA avait chargé le Bureau d’études BASS. Celui-ci s’est notamment fondé sur les données du système d’information central sur la migration (SYMIC) pour effectuer son analyse, laquelle a montré ce qu’il advenait des requérants d’asile déboutés dans les dix-huit mois suivant la décision négative.

Les autres relevés et analyses de données ont été réalisés par le CPA lui-même. L’analyse de la situation juridique portait sur toutes les lois, ordonnances, directives et dispositions internationales pertinentes. Quant à l’analyse systématique d’une septantaine de documents administratifs, elle a servi en premier lieu à l’évaluation du rôle de la Confédération. Le CPA a mené des entretiens avec une bonne cinquantaine de personnes au total, notamment dans le cadre d’entretiens collectifs conduits avec les services des migrations de huit cantons. Pour la comparaison européenne, le CPA a utilisé des données relatives à l’exécution des renvois que les pays membres de l’UE et les Etats associés aux accords de Schengen doivent fournir à l’UE. Les données disponibles pour la Suisse n’étaient toutefois que partiellement comparables avec celles de l’UE. En outre, le CPA a procédé à une synthèse systématique des évaluations existantes.

Principaux résultats

Le CPA a présenté les résultats de son évaluation à la sous-commission compétente de la CdG-N le 13 novembre 2017. La sous-commission se penche actuellement sur les suites et recommandations qui pourraient en découler. 

Abstract
(Deutsch)

Die Administrativhaft erreicht ihr Ziel, den Vollzug der Wegweisung von abgewiesenen Asylsuchenden sicherzustellen, gut. Sie wird insgesamt zweckmässig eingesetzt, doch gibt es beträchtliche kantonale Unterschiede, die auch Fragen zur Rechtmässigkeit aufwerfen. Der Bund zeigte sich bisher zurückhaltend, doch zeichnet sich eine Entwicklung hin zu einer stärkeren Bundesaufsicht ab.

Die Kosten des Bundes für die Administrativhaft von abgewiesenen Asylsuchenden von gegenwärtig rund 20 Millionen Franken pro Jahr dürften künftig mit der Subventionierung des Baus von Haftanstalten deutlich steigen. Es ist jedoch unklar, wie die Haft eingesetzt wird. Deshalb beauftragten die Geschäftsprüfungskommissionen der eidgenössischen Räte (GPK) die Parlamentarische Verwaltungskontrolle (PVK) im Januar 2016 mit einer Evaluation zur Administrativhaft im Asylbereich.

An ihrer Sitzung vom 23. Juni 2016 hat die zuständige Subkommission EJPD/BK der GPK des Nationalrates entschieden, dass die Evaluation insbesondere die Wirksamkeit der Administrativhaft und die Zweckmässigkeit ihrer Anwendung sowie die Rolle des Bundes untersuchen soll. Aspekte der Rechtmässigkeit und die Situation von Minderjährigen in Administrativhaft sollten soweit möglich berücksichtigt werden. Zudem wünschte die Subkommission einen europäischen Vergleich.

Die PVK hat in der Folge ein Expertenmandat an BASS vergeben für eine statistische Analyse der Aufenthaltsverläufe der abgewiesenen Asylsuchenden, die bis 2014 – also noch vor Inkrafttreten der Änderungen aufgrund der Dublin III-Verordnung der EU – aus der Schweiz weggewiesen wurden. Die PVK hat zudem Gespräche mit rund 50 Personen, vorwiegend aus kantonalen Migrationsbehörden und dem Staatssekretariat für Migration (SEM), durchgeführt und eine ausgiebige Dokumentenanalyse gemacht. Für den europäischen Vergleich hat sie statistische Daten sowie vorhandene Evaluationen ausgewertet.

 

Administrativhaft ist wirksam, setzt aber internationale Zusammenarbeit voraus

Bei 12 227 der gesamthaft 61 677 negativen Asylentscheide, die zwischen 2011 und 2014 gefällt worden sind, wurden die Betroffenen in Administrativhaft genommen. Die Administrativhaft erreicht das Ziel, den Vollzug der Wegweisung von abgewiesenen Asylsuchenden sicherzustellen, bei Dublin-Fällen praktisch immer und bei Wegweisungen in den Heimatstaat in zwei Drittel der Fälle. Die Administrativhaft ist damit wirksam. Sie darf jedoch nur angeordnet werden, wenn davon ausgegangen werden kann, dass die Ausreise absehbar ist. Ob dies der Fall ist, hängt in erster Linie vom Bestimmungsstaat ab, der bereit sein muss, den Personen Papiere auszustellen und sie aufzunehmen. Eine gute internationale Migrationszusammenarbeit ist hierfür Voraussetzung, doch wurde von Seiten der kantonalen Migrationsbehörden bemängelt, diese erhalte in der Schweizer Aussenpolitik zu wenig Gewicht.

Kantonale Unterschiede werfen Fragen nach der Rechtmässigkeit auf

Die Evaluation hat beträchtliche Unterschiede zwischen den Kantonen aufgezeigt, sowohl was die Häufigkeit und den Zeitpunkt der Anordnung der Administrativhaft wie auch ihre Dauer, die Inhaftierung von Minderjährigen und die Zielerreichung anbelangt. Die unterschiedliche Zusammensetzung der abgewiesenen Asylsuchenden bezüglich Geschlecht, Alter, Familiensituation oder Herkunftsstaat erklärt diese Unterschiede höchstens zu einem Drittel. Die kantonalen Unterschiede sind vor allem Ausdruck eines unterschiedlichen Verständnisses der Verhältnismässigkeit der Haft, das sowohl durch die kantonale Politik wie die Gerichte geprägt wird. Es stellt sich sodann die Frage, inwiefern die Differenzen unter dem Gesichtspunkt der Rechtsgleichheit einerseits und des Vollzugsföderalismus andererseits gerechtfertigt sind.

Verstärkte Aufsicht des Bundes bietet Chancen und birgt Risiken

Das SEM setzte bisher in seiner Aufsichtsfunktion beim Wegweisungsvollzug auf den Dialog mit den Kantonen, welchen diese schätzen. Die kantonalen Unterschiede verdeutlichen aber, dass damit nur beschränkt eine Harmonisierung erzielt wurde. Neu nutzt der Bund mit den Subventionen von Haftanstalten finanzielle Anreize für eine Verbesserung der Haftbedingungen. Seit Herbst 2016 hat das SEM zudem die gesetzliche Aufgabe, den Wegweisungsvollzug zu überwachen. Es kann den Kantonen, wenn diese ihrer Pflicht des Vollzugs der Wegweisungen ungenügend nachkommen, auch finanzielle Abgeltungen streichen. Dies ist einerseits eine Chance für eine stärkere Harmonisierung der Vollzugspraxis. Andererseits bergen die Neuerungen das Risiko, dass die Administrativhaft angesichts von möglichen Sanktionen vermehrt in Fällen eingesetzt wird, bei welchen die rechtlichen Voraussetzungen nicht klar erfüllt sind.

Datenverwaltung des SEM ist ineffizient und fehleranfällig

Zwischen den bestehenden Datenverwaltungssystemen im Bereich des Wegweisungsvollzugs gibt es zahlreiche Doppelspurigkeiten, die Mehraufwand generieren. Die elektronischen Systeme sind ungenügend miteinander gekoppelt, weshalb die gleichen Daten mehrmals eingetippt werden müssen, was eine Fehlerquelle darstellt. Dass die Daten zur Administrativhaft korrekt erfasst werden, stellte bisher keine Priorität dar, weder bei vielen Kantonen noch beim SEM. Die Daten zu einigen Kantonen erwiesen sich denn auch als ungenügend für die statistische Analyse im Rahmen der vorliegenden Evaluation. Der Nutzen, der sich bisher aus den durch das SEM verwalteten Daten zum Wegweisungsvollzug ziehen lässt, ist beschränkt.


Abstract
(Englisch)
Administrative detention largely achieves its goal of ensuring the execution of return decisions concerning asylum seekers who have their application for asylum rejected. Detention is generally used appropriately, but there are considerable cantonal differences, which also raise questions of legality. The Confederation has so far been cautious, but there are signs of a trend towards stricter supervision.

The Confederation’s costs for the administrative detention of rejected asylum seekers, which currently amount to around CHF 20 million per year, are likely to increase significantly in the future with the subsidies to be paid for the construction of detention centres. However, it is unclear how detention is being used. For these reasons, in January 2016 the Federal Assembly’s control committees (CCs) commissioned the Parliamentary Control of the Administration (PCA) to evaluate administrative detention in the asylum sector.

At its meeting on 23 June 2016, the FDJP/FCh sub-committee of the National Council CC decided that the evaluation should examine in particular the effectiveness of administrative detention, the expediency of its use and the role of the Confederation. Aspects of legality and the situation of minors in administrative detention should be taken into account as far as possible. The sub-committee also requested a comparison with the rest of Europe.

The PCA subsequently awarded an expert mandate to BASS for a longitudinal statistical analysis of rejected asylum seekers who were concerned by a return decision from Switzerland by 2014 – i.e. before the amendments to the EU’s Dublin III Regulation came into force. The PCA also carried out interviews with around 50 people, mainly from cantonal migration authorities and the State Secretariat for Migration (SEM), and conducted an extensive document analysis. For the European comparison, it examined statistical data and existing evaluations.

 

Administrative detention is effective, but requires international cooperation

In the case of 12,227 of the 61,677 negative asylum decisions taken between 2011 and 2014, the rejected asylum seeker was placed in administrative detention. Administrative detention achieves its goal of ensuring the execution of the return decisions in almost every Dublin case and in two thirds of the cases of returns to the country of origin. Administrative detention is thus effective. However, it may only be ordered if departure is reasonably foreseeable. Whether this is the case depends primarily on the country of destination, which must be prepared to issue the person with documents and accept them. Good international migration cooperation is a prerequisite for this, but the cantonal migration authorities have complained that this is not given enough weight in Swiss foreign policy.

Cantonal differences raise questions about legality

The evaluation revealed considerable differences between the cantons, in terms of the frequency and timing of ordering administrative detention, its duration, the detention of minors and the achievement of its objective. The different characteristics of the rejected asylum seekers in terms of sex, age, family situation or country of origin explains only one third of these differences at most. The cantonal differences are above all an expression of differing understandings of the proportionality of detention, which is shaped by both cantonal politics and the courts. The question then arises of the extent to which these differences are justified given the principles of equality before the law on the one hand and of cantonal implementation of federal law on the other hand.

Increased federal supervision offers opportunities and entails risks

In its supervisory function, the SEM has so far relied on the dialogue with the cantons, which they value. However, the cantonal differences make it clear that harmonisation has only been achieved to a limited extent. The Confederation is now using subsidies for detention facilities as a financial incentive to improve conditions of detention. Since the autumn of 2016, the SEM has also had the statutory task of supervising the execution of return decisions. If the cantons fail to fulfil their obligations, the SEM can also cancel financial compensation. On the one hand, this is an opportunity for greater harmonisation of practices in executing return decisions; on the other, the new rules entail the risk that, in view of possible sanctions, administrative detention will increasingly be used in cases in which the legal requirements are not clearly fulfilled.

SEM data management is inefficient and error-prone

There are numerous duplications between the existing data management systems in the area of the execution of return decisions, which creates extra work. The electronic systems are insufficiently linked to one another, which is why the same data must be entered several times, which can lead to errors. The correct entry of the data on administrative detention has not been seen as a priority by many cantons and by the SEM. The data in relation to some cantons proved insufficient for statistical analysis in the present evaluation. The benefits that can be currently derived from the data managed by SEM for the execution of return decisions are limited.

Abstract
(Französisch)

La détention administrative atteint bien son objectif qui est d’assurer l’exécution du renvoi des requérants d’asile déboutés. Si les autorités y ont généralement recours de manière opportune, il existe des différences considérables entre les cantons, différences qui soulèvent des questions en termes de légalité. Après avoir longtemps fait preuve de réserve, il apparait que la Confédération devra exercer une surveillance plus forte.

Les dépenses de la Confédération au titre de la détention administrative de requérants d’asile déboutés se montent actuellement à environ 20 millions de francs par année. Avec le subventionnement des établissements de détention, ces charges devraient nettement augmenter. Pourtant, l’usage qui est fait de cet instrument n’est pas clair. C’est pourquoi, les Commission de gestion des Chambres fédérales (CdG) ont, en janvier 2016, chargé le Contrôle parlementaire de l’administration (CPA) d’évaluer la détention administrative de requérants d’asile.

Lors de sa séance du 23 juin 2016, la sous-commission DFJP/ChF de la Commission de gestion du Conseil national (CdG-N), compétente en la matière, a décidé que l’évaluation devait porter plus spécifiquement sur l’efficacité de la détention administrative et sur l’opportunité du recours à cet instrument ainsi que sur le rôle de la Confédération. Elle a aussi souhaité que les aspects de la légalité et la situation des mineurs en détention administrative soient pris en compte dans la mesure du possible. Finalement, la sous-commission a encore demandé une comparaison au niveau européen.

Le CPA a attribué un mandat d’expertise au bureau d’études BASS, qui a été chargé de fournir une analyse statistique du séjour des requérants d’asile déboutés qui ont été renvoyés de Suisse avant 2014 (c’est-à-dire avant l’entrée en vigueur des modifications apportées sur la base du règlement Dublin III de l’UE). Le CPA a aussi conduit des entretiens avec une cinquantaine de personnes, essentiellement des collaborateurs des autorités cantonales des migrations et du Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM), et a procédé à une analyse documentaire circonstanciée. Pour la comparaison européenne, il a analysé des données statistiques ainsi que des évaluations existantes.

 

La détention administrative est efficace, mais tributaire de la coopération internationale

Sur 12 227 des 61 677 décisions d’asile négatives rendues entre 2011 et 2014, les personnes concernées ont été placées en détention administrative. L’objectif de la détention administrative, qui est d’assurer l’exécution du renvoi des requérants d’asile déboutés, est atteint dans la quasi-totalité des cas Dublin et dans deux tiers des cas lorsque le pays de destination est le pays d’origine. La détention administrative est donc un instrument efficace. Elle ne peut cependant être ordonnée qu’à partir du moment où le départ de Suisse est imminent. Cela dépend essentiellement de la volonté de l’Etat de destination à établir des documents d’identité et à accueillir la personne en question. Une bonne collaboration internationale en matière de migrations est donc essentielle. Or, les autorités cantonales des migrations sont d’avis que la place accordée à cette collaboration dans la politique extérieure de la Suisse n’est pas suffisante.

Des différences entre les cantons qui posent la question de la légalité

L’évaluation a révélé des différences considérables entre les cantons, pour ce qui est de la fréquence des détentions administratives et du moment auquel elles sont ordonnées, mais aussi pour ce qui est de leur durée, de la détention de mineurs et de la capacité des détentions à atteindre l’objectif visé. Un tiers au plus de ces différences peuvent s’expliquer par des inégalités constatées dans la structure de la population des requérants d’asile déboutés (sexe, âge, situation familiale ou Etat d’origine). Elles sont essentiellement l’expression de différences d’appréciation de la proportionnalité de la détention par les autorités politiques et judiciaires cantonales. Il est dès lors légitime de se demander dans quelle mesure ces différences se justifient à la lumière non seulement de l’égalité devant la loi, mais aussi du fédéralisme d’exécution.

Renforcer la surveillance de la Confédération : prometteur, mais pas sans risques

Pour exercer sa fonction de surveillance de l’exécution des renvois, le SEM a choisi, jusqu’à présent, la voie du dialogue avec les cantons, ce qui est apprécié par ces derniers. Les différences constatées entre les cantons montrent toutefois que ce dialogue n’a pas suffi à obtenir l’harmonisation des pratiques. Depuis peu, la Confédération se sert des subventions allouées aux centres de détention, donc d’incitations financières, pour obtenir une amélioration des conditions de détention. Depuis l’automne 2016, le SEM exerce en outre un mandat légal de surveillance de l’exécution des renvois. Il a la possibilité, s’il estime que les cantons négligent leur obligation d’exécuter les renvois, de leur supprimer certaines compensations financières. Si cet instrument promet une meilleure harmonisation en matière d’exécution des renvois, il comporte aussi le risque que, en raison de la menace de sanctions, la détention administrative soit appliquée plus souvent dans des cas où les conditions légales ne sont pas clairement réunies.

La gestion des données du SEM est inefficiente et sujette aux erreurs

Les systèmes de gestion des données dans le domaine de l’exécution des renvois présentent de nombreux doublons, qui génèrent un surcroît de travail. L’interconnexion entre les systèmes électroniques est insuffisante, ce qui signifie que les mêmes données doivent être saisies plusieurs fois, ce qui constitue une source d’erreurs. Jusqu’ici, la saisie correcte des données en matière de détention administrative n’a pas été considérée comme prioritaire ni dans de nombreux cantons ni au SEM. Les données relatives à certains cantons se sont d’ailleurs révélées insuffisantes pour permettre l’analyse statistique prévue dans le cadre de cette évaluation. Jusqu’ici, l’utilité des données relatives à l’exécution des renvois administrées par le SEM s’est donc révélée limitée.