Notamment sous l’impulsion de la Convention européenne du paysage (2000), la notion de « paysage du quotidien » a été consacrée. Ce changement de paradigme signifie que les politiques paysagères ne concernent plus uniquement quelques éléments paysagers remarquables mais concerne l’ensemble des territoires. Le projet de recherche ne s’intéresse pas à un territoire particulier, mais justement aux zones de contact entre différentes entités territoriales (par ex. ville -campagne), que nous qualifions ici d’interfaces. Ces espaces « à la marge » sont souvent laissés pour compte en raison de leur caractère hybride. Le projet consiste à considérer ces interfaces dans une optique paysagère et voir dans quelle mesure elles ne sont pas ou pourraient devenir un terrain propice à de projets paysagers spécifiques. Plutôt que d’être des paysages négligés, des « Tiers-Paysage », il s’agit de considérer les potentialités de ces interfaces en termes paysagers, à l’image de la richesse des écotones en biologie.
Le projet de recherche vise à questionner les espaces intermédiaires et à analyser des formes paysagères qui y émergent. Il ambitionne de mettre en avant les atouts de ces paysages dans leur contribution à la qualité de vie.
Face au développement du périurbain et dans un contexte politique qui encourage la densification du bâti (Verdichtung) et qui renforce les entités dans leurs caractéristiques (révision de la Loi sur l'aménagement du territoire), cette question des interfaces est d’une actualité certaine.