Le projet consiste en l’évaluation descriptive et multicentrique du programme de consommation contrôlée «Alcochoix+» adapté à la culture de Suisse romande et introduit au printemps 2008 par le GREA avec le soutien du réseau romand d’alcoologie. Pour rappel, sont considérés comme consommateurs à risque les personnes qui excédent les critères établis par l’OMS (plus de 14 consommations standards par semaine pour une femme et plus de 21 consommations pour un homme ou encore plus de 5 consommations dans une même occasion).
C’est un programme basé sur les approches cognitivo-comportementales et qui s’inspire de l’approche motivationnelle. «Alcochoix+» s’adresse à des personnes ayant une consommation excessive ou à risque, préoccupées par les conséquences sanitaires, professionnelles ou sociales de leur consommation. Il a pour objet de (re)donner confiance aux personnes participantes dans leur capacité à contrôler leur consommation d’alcool. Cette approche mise résolument sur les capacités et l’autonomie des personnes plutôt que de souligner leurs faiblesses; elle leur permet de consolider leur motivation et leur estime de soi, en étant responsable du choix de leurs objectifs et du processus pour y parvenir. D’un point de vue de la santé publique, il est essentiel d’insister sur le fait que le programme s’inscrit dans une perspective de prévention et de réduction des risques de dépendance à l’alcool. Les consommateurs excessifs représentent une population à risque de développer une dépendance ou, à tout le moins, d’importants problèmes de santé, c’est pourquoi l’offre d’un programme à destination de ce public répond à une vraie question de santé publique.
Les résultats de cette étude montrent que des efforts sont à faire pour mieux faire connaître le programme car si le recrutement a été faible, la satisfaction et l’efficacité en terme de diminution de consommation est importante. Le programme «Alcochoix+» attire peu de consommateurs excessifs, mais surtout des hommes avec une probable dépendance modérée. Toutefois, après avoir participé au programme «Alcochoix+», les participants ont en moyenne réduit leur consommation de plus de la moitié (passant de 34 unités à 15 consommations standards par semaine) et leur qualité de vie s’est améliorée; ces changements persistant 12 mois après la fin du programme. Les participants et intervenants se sont dits satisfaits du programme.