Dans le passé il a été mis en évidence que les politiques de coopération internationale mises en oeuvre ont trop souvent été basées sur des solutions uniformes "toutes faites" qui ne prenaient pas assez en compte les besoins et les capacités locales. Il est apparu alors que l'un des plus grands défis actuels de l'éducation consisterait à mettre sur pied des solutions appropriées aux différents contextes nationaux et régionaux et à renforcer les compétences endogènes des acteurs de l'éducation, tout en s'inscrivant dans le consensus global sur les objectifs de l'EFA (Education for All) et les MDGs. C'est le cas notamment de différents pays de l'Afrique de l'Ouest et de l'Afrique Centrale où il existe un potentiel très important pour une production plus endogène de savoir sur l'éducation.
La vision du ROCARE se situent dans cette ligne de pensée : donner un visage africain à l’éducation en Afrique. Sa mission est celle de promouvoir l’expertise africaine et la culture de la recherche pour améliorer les politiques et pratiques éducatives.
Actuellement, le ROCARE base sa stratégie sur 3 axes: (1) Recherche : accent mis surtout sur les ressources et la qualité, (2) Communication/"Advocacy" : à des niveau intra et extra réseau) et (3) Renforcement institutionnel : notamment centré sur le maintien des niveaux de structuration et de fonctionnement atteints, accroître son autonomie.
Ce réseau d’excellence[1] collabore régulièrement avec différents partenaires (ministères de l'éducation, universités africaines et du Nord, etc.)
Au niveau de l’impact, le travail du ROCARE continue à exercer une influence constructive sur la formulation des politiques éducatives au niveau régional et national. Le réseau a notamment influencé les acteurs et les politiques de l'éducation/formation en ce qui concerne la participation des communautés dans l'administration et le financement des écoles, l'élaboration des plans nationaux d'Education pour Tous, la répartition plus égalitaire des coûts de l'éducation entre les différentes couches sociales, la formation professionnelle dans le secteur informel, etc.
L’appui institutionnel de la DDC a été important pour le développement stratégique du réseau et pour attirer d’autres importants partenaires, notamment le Ministère des Affaires Etrangères des Pays Bas. Le ROCARE a même attiré le soutien du secteur privé à la cause de l’éducation et de la recherche avec l’appui – après 4 ans de plaidoyer – de la Fondation Ecobank.
Le ROCARE a encore un grand potentiel à développer et mérite de continuer à être soutenu dans la concrétisation de son Plan d’action et de son développement institutionnel.
Pour la DDC, l'appui au ROCARE est en rapport étroit avec des priorités stratégiques de la DDC telles que l’appui à l’auto-promotion et l’accès au savoir.
[1] Le ROCARE compte actuellement plusieurs centaines de chercheurs dans douze pays membres de l'Afrique Centrale et de l'Ouest, dont huit francophones et quatre anglophones: Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d'Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Mali, Nigeria, Sénégal, Sierra Leone et Togo.